Plaidoyer pour le Noirmont.
Depuis 2002, les démêlés autour du Massif du Noirmont n'en finissent plus de défrayer la chronique. Vierges de toute exploitation commerciale pour le quatrième hiver consécutif, quelques-unes des plus belles pistes haut-jurassiennes se trouvent au coeur d'un imbroglio juridico-politique qui tarde à trouver son épilogue.
Un statu quo que suivent à distance les techniciens du Comité Régional de Ski qui avaient fait du Noirmont leur terrain d'entraînement fétiche. «Tous nos meilleurs éléments ont appris à skier là, assure Pierre Bondier, le Conseiller Technique Régional. C'est tout près du Collège des Rousses où sont concentrés nos meilleurs jeunes et on y trouve un dénivelé que l'on ne retrouve pas ailleurs dans le Massif sauf à aller à Lélex.La station nous accueille toujours très volontiers mais c'est beaucoup plus loin et les déplacements sont complexes à organiser».
Privés de leur site favori, les entraîneurs jurassiens vivent d'expédients depuis quatre ans et commencent à s'inquiéter des conséquences de la situation actuelle.
Pas d'alternative satisfaisante.
«On s'est replié sur les Tuffes ou sur les Jouvencelles mais les pentes y sont faibles. Ce n'est pas là dessus qu'on fabrique des champions!» relève sans ambages Pierre Bondier qui regrette également les conditions optimales de traçage des pistes qu'il trouvait au Noirmont. «On traçait comme on voulait!» se souvient Pierre Bondier qui doit composer avec davantage de contraintes sur les pistes des Tuffes ou des Jouvencelles, mises à disposition par la société exploitante, la Sogestar. «L'exploitation commerciale est prioritaire et on peut le comprendre. Mais je suis persuadé que la cohabitation avec les touristes est tout à fait possible».
«C'est notre mine d'or!»
Un appel du pied pour obtenir d'avantage de marge de manoeuvre mais en aucun cas une solution pérenne tant le Noirmont continue à s'imposer comme la panacée aux yeux de Pierre Bondier et de bon nombre de techniciens du Massif.
«C'est notre mine d'or! Pour que le partenariat avec le collège des Rousses redevienne ce qu'il il été, il nous faut le Noirmont».
Le Noirmont attend désormais le lancement d'un nouvel appel d'offres pour attribuer son exploitation.
François Godin, le président du Syndicat Mixte en charge du site, souhaite sa réouverture dès l'hiver prochain.
Mais une procédure judiciaire est encore en cours dont le résultat sous-tend fortement l'évolution du dossier. (...)
S.Cléau


